« Le coup de la dame de pique » d’Elena Topilskaya, résumé
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« Le Coup de la Dame de Pique » est un roman policier se déroulant à Saint-Pétersbourg, écrit en 2001 par Elena Topilskaya, procureure et scénariste de profession. Écrit à la première personne, l’ouvrage témoigne d’une connaissance approfondie du fonctionnement de la justice : l’auteure a elle-même exercé pendant de nombreuses années comme enquêtrice à Saint-Pétersbourg, ce qui confère à ses descriptions des enquêtes, des journées de travail et des échanges avec les experts un caractère authentique.
Ce roman fait partie de la série « Les Secrets de l’enquête », une série de romans policiers mettant en scène l’enquêtrice Maria Shvetsova. « Le Coup de la Dame de Pique » est l’un des premiers tomes de la série ; parmi les autres titres figurent « Blanc, Noir, Écarlate » (La Douce Patte de la Mort, 2000).
L’intrigue : service du samedi
Maria Shvetsova est l’enquêtrice de permanence au parquet de Saint-Pétersbourg. Sa prise de service commence dans la salle de permanence animée du siège, où deux collègues médecins échangent des anecdotes autour d’une bière. Un appel de l’officier de permanence, Mukha, interrompt cette quiétude : le corps de Rita Antonicheva, une jeune fille de seize ans, discrète et scolarisée à domicile, que sa mère avait envoyée acheter du pain, a été découvert devant la porte d’un vieil immeuble de Saint-Pétersbourg. Le corps porte douze coups de couteau pénétrants et huit superficiels.
Une équipe arrive sur les lieux : Shvetsova, le médecin légiste Lev Zadov et l’expert scientifique Zhenya Bolelshchikov. L’examen du hall d’entrée, orné de nymphes de marbre et de carrelage, apporte les premiers éléments de preuve : le meurtrier a agi seul, attaquant la jeune fille par derrière, la saisissant du creux du coude et lui maintenant la bouche fermée – ce qui explique l’absence de sang sur lui. Seule une simple boucle d’oreille bon marché a été volée.
Père de Moscou et contexte politique
L’interrogatoire est interrompu par l’apparition d’un homme en manteau de tweed et écharpe blanche. Il s’effondre à genoux devant le corps de sa fille, en larmes. Le chef de la Direction principale des affaires intérieures, vêtu d’un pardessus d’uniforme, le rejoint. Il s’avère que la victime est la fille d’un haut fonctionnaire de l’administration présidentielle, divorcé depuis longtemps de la mère de la jeune fille et résidant à Moscou. Antonichev a appris la mort de Rita non pas par la police ni par son ex-femme, mais par un employé anonyme de l’administration présidentielle, qui a contacté directement le directeur général de la Direction principale des affaires intérieures. Ce fait éveille immédiatement les soupçons de Shvetsova : comment Antonichev a-t-il pu être mis au courant en premier ?
piste en série
L’inspecteur Pasha raconte à Shvetsova un meurtre similaire survenu dans un quartier voisin : une femme de trente ans a été poignardée à mort dans un ascenseur, sa chaîne en or volée, mais son portefeuille contenant une importante somme d’argent est resté intact. Plus tard, Andrei Sintsov, agent du service des homicides de la Direction principale des affaires intérieures, rejoint l’enquête. Il ramène Shvetsova, épuisée, chez elle à travers les rues sombres de Saint-Pétersbourg. En chemin, ils s’arrêtent dans un café ouvert toute la nuit, où Sintsov lui relate les détails de l’affaire de Mme Ivanova : dix coups de couteau, un collier d’une valeur de plusieurs centaines de roubles volé et un portefeuille contenant cinq mille roubles resté intact.
Sintsov est persuadé que les meurtres sont liés. Il propose à Shvetsova de prendre en charge toutes les affaires en rapport. Elle comprend qu’il s’agit de chantage, mais accepte. Ils sont tous deux d’accord : il n’y a qu’un seul organisateur et différents auteurs. Chaque victime est dépouillée non pas d’argent, mais d’un objet précis : un fétiche. C’est ce qui caractérise la série, et non le mode opératoire lui-même.
L’enquête est en cours.
Shvetsova accroche des photos de scènes de crime dans son bureau, cherchant à habituer le regard à les percevoir comme une seule image. Le journaliste Staroseltsev se retrouve impliqué dans l’enquête : sa présence aux inspections agace parfois les participants, mais il se révèle utile comme observateur officieux.
À mesure que les preuves s’accumulent, la théorie d’Antonichev prend de plus en plus de poids. Le père de Rita n’a ni rendu visite à son ex-femme après la mort de leur fille, ni assisté aux funérailles, bien qu’il les ait financées. Shvetsova émet l’hypothèse qu’Antonichev éprouvait de la culpabilité suite au décès de Rita. La question est de savoir précisément comment.
Point culminant : un cadavre devant la porte d’entrée et le dénouement
Sur la scène de crime suivante – une nouvelle fois une porte d’entrée à Saint-Pétersbourg – on découvre le corps d’un homme criblé de balles et de coups de couteau. Les experts médico-légaux Zadov et Panov déterminent qu’il s’agit du même « combattant » qui a tué les femmes. Krolchevsky, médecin légiste de la morgue, chargé d’examiner le corps, confirme que les blessures correspondent à celles des meurtres précédents.
Shvetsova a immédiatement lancé une opération de riposte : alerte générale de la police, patrouilles aux entrées d’immeubles à la recherche de traces de sang et déploiement de la police routière dans toute la ville munie d’un mandat de perquisition pour la voiture d’Antonichev. Sintsov avait déjà installé des postes de surveillance au domicile de son ex-femme et à l’aéroport la veille.
L’enquête conclut que les meurtres en série de femmes ont été commandités par un seul cerveau, les auteurs se relayant. Il semblerait qu’Antonichev ait ordonné l’exécution, non pas celle du commanditaire, mais celle d’un « combattant » en particulier. Les preuves comprennent des microparticules de drogue sur les vêtements du corps, des traces similaires sur les vêtements des victimes, les résultats d’examens médico-légaux et des témoignages.
Personnel sur fond officiel
En parallèle de l’enquête, le roman relate la vie privée de Shvetsova : son fils de onze ans, Goshka, apprend la guitare électrique et maîtrise les riffs de « Offspring » et « In the Field a Birch Stood », son ex-mari, Igor, n’arrive toujours pas à accepter leur divorce, et Shvetsova souffre d’un manque de sommeil chronique, d’une frontière floue entre vie professionnelle et vie privée, et d’une fatigue professionnelle telle qu’il lui est impossible de renouer avec une vie normale, même après sa journée de travail. C’est ce mélange de quotidien et de crime qui confère au roman l’authenticité qui le distingue des œuvres purement génériques.
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