« Le Labyrinthe de Ménine » de Max Fry, résumé
Le roman fantastique « Le Labyrinthe de Menin », paru en 2000, relate les aventures de Sir Max, un détective de la cité magique d’Echo. Ce livre marque l’aboutissement d’une étape cruciale de la vie du héros : il doit découvrir l’amère vérité sur ses origines, faire ses adieux à son mentor et assumer la responsabilité de sauver la réalité de la destruction. Il clôt le cycle original des « Labyrinthes d’Echo », dont il est le huitième tome. Il est précédé des recueils « L’Étranger », « Les Volontaires de l’Éternité », « Des Choses Magiques Simples », « Le Côté Obscur », « Obsessions », « Le Pouvoir des Inassouvis » et « Les Morts Bavards ».
Pierres blanches d’Harumba
Sir Juffin Hally confie à Max une mission inhabituelle. Le héros doit escorter le Grand Maître Nuflin Moni Mach, mourant, jusqu’au lointain continent d’Uanduk. Là, dans les montagnes, se trouve Harumba, le royaume des morts, un lieu clos et inaccessible. Ses habitants obtiennent une forme d’immortalité en échange d’un prix exorbitant, mais ils sont à jamais interdits de quitter cette cité magique. Nuflin a insisté pour que Max soit son garde du corps : le vieil homme rusé ne fait confiance qu’à lui.
Les voyageurs volent sur la bulle magique invisible de Buurakhri. Le vieil homme s’affaiblit rapidement, la mort le guettant. Nuflin propose à Max un sortilège protecteur : construire mentalement un mur de briques blanches autour de lui. Max s’exerce avec diligence tout au long du voyage. Cette nuit-là, il s’endort et fait un terrible cauchemar : son esprit est prisonnier du corps décrépit de Nuflin. L’épée magique de l’ancien roi Menin, logée dans la poitrine de Max, le réveille dans une douleur physique aiguë. Il s’avère que le fameux mur blanc n’était qu’un piège mental. Nuflin avait tenté de s’emparer du jeune corps de Max pour tromper la mort et échapper à une vie d’emprisonnement à Kharumba.
La relation entre les compagnons se refroidit et se tend. Ce soir-là, le ciel s’ouvre littéralement, déversant une tempête de feu implacable sur la bulle flottante. Effrayé, Max se réfugie instinctivement derrière un mur blanc imaginaire. Un piège magique les transporte soudain tous deux dans le passé, à un matin paisible du même jour. Nuflin comprend alors que l’attaque est l’œuvre de son ennemi politique de toujours, le Magister Honna. Ce puissant sorcier a acquis un pouvoir incroyable loin du Cœur du Monde.
Max utilise la Parole Silencieuse pour communiquer télépathiquement avec Honna. Il passe beaucoup de temps à persuader le sorcier d’épargner le vieil homme sans défense. Honna accepte à contrecœur, mais exige un prix élevé : l’épée magique de Myonin. Max lui remet l’artefact, se privant ainsi de son protecteur invisible et fidèle. Honna s’empare de l’épée en rêve et prend les voyageurs sous son aile. Ils atteignent Harumba sains et saufs. Les grands Gardiens transportent Nuflin jusqu’à la ville. En remerciement de l’avoir sauvé, le vieil homme laisse un message à Max. Ce message contient un puissant sortilège. En prononçant les mots précieux aux portes de la résidence, Max peut devenir Grand Maître de l’Ordre des Sept Feuilles ou nommer à ce poste tout candidat digne de ce nom.
Le Labyrinthe de Ménin
La routine tranquille de l’Enquête Secrète est interrompue par la disparition du roi Gurig VIII. Le monarque s’est égaré dans son propre palais. Juffin explique à ses collègues : le roi a accidentellement ouvert une entrée secrète vers le Labyrinthe de Menin. Cet espace infini est tissé de fragments de réalités diverses et de rêves d’autrui. Juffin lui-même ne peut y pénétrer en raison d’anciennes restrictions magiques imposées par le créateur du Labyrinthe. Max et Sir Melifaro partent aussitôt à la recherche du monarque.
La porte du château disparaît sans laisser de trace. Les héros se retrouvent sur la rive d’un lac sombre et huileux, où un crapaud géant et verruqueux les écrase. Max et Melifaro reprennent conscience dans une salle de musée vide, ornée de tableaux originaux d’artistes originaires du pays de Max. Ils ouvrent une autre porte et se retrouvent dans un désert blanc, sous les rayons brûlants de plusieurs soleils. La chaleur devient insoutenable et les héros brûlent vifs, en proie à une agonie et un désespoir terribles.
La résurrection suivante a lieu dans une cuisine propre et accueillante. La mystérieuse hôtesse offre aux détectives une infusion d’absinthe. Melifaro la perçoit comme une belle jeune femme, tandis que Max la voit comme une vieille dame bienveillante. Après s’être reposés et changés, les détectives reprennent leur route. Max remarque une constante importante : l’apparence du Labyrinthe est sensible à leur état émotionnel. La panique conduit à la mort et à la souffrance, tandis que l’insouciance ouvre les portes de mondes agréables, prospères et sûrs.
Les héros se retrouvent dans une fête foraine joyeuse, imprégnée d’une culture matriarcale, puis dans un wagon-lit exigu d’un train filant à toute allure au milieu d’une foule déchaînée et nue. Ils manquent ensuite de se noyer dans un océan glacé et sans fond. Grâce à un circuit magique de sauvetage tissé avec leurs vêtements, Max et Melifaro parviennent à s’échapper. Ils voyagent à nouveau à travers des mondes lumineux et joyeux, s’attardant aux festins et aux carnavals. Max surveille attentivement son humeur, s’interdisant catégoriquement de sombrer dans la dépression ou le mal du pays.
Dans une rue d’une station balnéaire hantée, les détectives rencontrent par hasard le roi Gurig. Le monarque savoure pleinement sa liberté et ne semble pas pressé de retourner au palais. Ayant entendu parler de possibles coups d’État, Gurig accepte à contrecœur d’écourter ses vacances. Il conduit Max et Melipharo hors du Labyrinthe : le monarque peut contrôler les portes par la seule force de sa volonté. Une fois à Echo, Max découvre un effet secondaire désagréable : les portes ordinaires de sa maison lui apparaissent désormais comme des entrées vers d’autres mondes. Avec l’aide de Dame Melamori, il apprend à concentrer son attention et retrouve la capacité de se déplacer normalement dans sa maison.
Ville tranquille
Tard dans la nuit, Max reçoit la visite du Maître des Rêves Parfaits, Gretti Tumois. Il lui annonce une nouvelle terrifiante : il fait régulièrement des rêves où apparaît le vieux roi Myonin, lui promettant une rencontre imminente. Peu après, Myonin se présente effectivement à la résidence du souverain. Le roi Gurig part discrètement pour son château d’été à la campagne. Sir Juffin Halley disparaît mystérieusement de son service.
Max rencontre Myunin en personne au palais. Le monarque antique discute longuement de la nature du temps et désigne Max comme son unique successeur. Myunin déclare que l’univers n’a besoin des Arbitres que pour une seule raison : préserver la réalité de la destruction physique grâce à la force de leurs désirs passionnés. Laissant Max complètement désemparé, le roi antique disparaît à nouveau sans laisser de trace.
L’unité des Enquêtes Secrètes se retrouve sans chef permanent. Max répartit les tâches administratives entre ses collègues : les détectives conviennent de se relayer à la tête de l’unité. Une nouvelle affaire criminelle amène l’unité des Enquêtes Secrètes à un artefact ancien : le dangereux Sceau de Yonoh. Toute déclaration certifiée par ce sceau se réalise inévitablement dans les plus brefs délais. L’instrument est conservé dans un coffre-fort blindé. Rongé par le désir de retrouver son mentor disparu, Max commet un acte désespéré. Il écrit une phrase sur un morceau de papier, promettant d’aider Juffin à rentrer chez lui, puis scelle le document avec le Sceau de Yonoh.
Un puissant sort transporte instantanément Max à la Cité Silencieuse, une prison paradisiaque et confortable pour exilés volontaires, d’où toute évasion est quasiment impossible. Là, il rencontre Juffin. Le Chef révèle à Max un terrible secret. Il y a plusieurs siècles, de puissants sorciers apprirent que le Monde était voué à une destruction imminente. Pour sauver la réalité, un Arbitre, dont les souhaits sont toujours exaucés, était nécessaire de toute urgence. Menin se rendit volontairement à la Cité Silencieuse : un mal du pays insoutenable transforma son désir de préserver le Monde en un puissant soutien pour l’Univers.
Lorsque Myonin, las, décida de prendre sa retraite, Juffin chercha un remplaçant digne de ce nom. Ses nombreuses recherches restèrent vaines. Recourant à d’anciens rituels interdits, Juffin créa littéralement Max. Il insuffla à ce héros imaginaire ses meilleures qualités et de faux souvenirs d’une enfance difficile dans un autre monde, hostile. Le sortilège du Sceau de Yonoh, qui avait scellé le destin de Max, inversa radicalement leurs rôles. Juffin franchit une frontière invisible pour rejoindre Echo, tandis que Max demeure dans la Cité Silencieuse, s’accrochant à la réalité par la force de son insupportable mélancolie.
Livré à lui-même, Max sombre dans une profonde apathie. Il se lie d’amitié avec les habitués du bar du coin, écoute leurs interminables récits et se transforme peu à peu en un vieil homme calme et bien nourri. Remarquant ces changements effrayants et dégénératifs dans le miroir, Max décide d’agir sur-le-champ. Il demande à un ami loup-garou de le mordre, ce qui le contamine d’une rage incurable. La folie artificielle qui s’ensuit ravive sa soif de combat. Max devient un vagabond sans abri et se met à maudire ouvertement la Cité Silencieuse dans les rues.
La prison du Paradis réagit à la haine animale : elle rejette Max et le transporte dans une maison isolée et vide, tapissée de tapis jaunes, mais ne le ramène pas à Echo. Max se ressaisit. Il décide d’utiliser son pouvoir inné autrement. Il se met à écrire des livres détaillés sur Echo, qu’il publie mystiquement dans sa prétendue patrie historique. Il souhaite que des centaines de milliers de lecteurs tombent amoureux de ce monde et, forts de leurs désirs sincères, soutiennent son existence à sa place.
Le plan audacieux fonctionne. Trois ans plus tard, un oiseau de tempête dodu entre par la fenêtre ouverte. L’oiseau se tourne vers Melamori et dit : «Tu es libéré de toutes tes obligations passées.» Juffin suggère que le Monde est devenu parfaitement fiable et solide. La méthode littéraire de Max a finalement sauvé la réalité. À présent, le héros est libéré de chaînes invisibles et peut retourner auprès d’Echo à tout moment.
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