« Honneur et Courage » de Vassili Sharapov, résumé
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« Honneur et Courage », recueil d’essais et de récits, mêlant documentaire et fiction, publié en 1981 par les éditions Kouïbychev et dirigé par le général-major Vassili Sharapov, chef de la police régionale, relate la lutte de la police soviétique contre la criminalité dans la région de la Volga. Cet ouvrage constitue une chronique fidèle du quotidien des services d’enquête criminelle et de lutte contre les détournements de fonds. Il s’appuie sur des affaires criminelles réelles instruites dans la région de Kouïbychev durant différentes années de l’ère soviétique.
La formation de la police et la vie quotidienne héroïque
Dans son essai « Service – Jours et Nuits », Vassili Sharapov retrace les grandes étapes de l’histoire des forces de l’ordre à Samara. Les services de police y furent créés en décembre 1917 sous l’impulsion des bolcheviks Kouznetsov, Kouzmine et Karkline. Galaktionov devint le premier commissaire aux Affaires intérieures. Les détectives de Samara durent combattre les anarchistes, déjouer les raids de la bande de Larine en 1943 et sauver des vies pendant la famine de 1921. L’auteur rend un hommage particulier à ses camarades disparus, tels qu’Anatoli Silaev et Alexandre Kalimulline. Ces anciens ouvriers et paysans, sans expérience préalable, résolvèrent des affaires complexes, apprenant sur le tas les subtilités du travail d’enquête.
L’histoire des actes d’héroïsme policier se poursuit même en temps de paix. Les agents de la police routière Vitaly Ishutov, Vladimir Kurenkov et Vasily Bespalov neutralisent un criminel armé à bord d’une voiture volée lors d’une dangereuse course-poursuite sur l’autoroute Syzran-Togliatti. L’essai de Galina Sokolnikova, «Nous n’avons pas d’autre choix!», relate l’héroïsme du lieutenant Ivan Shumnik qui, au péril de sa vie, a bloqué la route d’une voiture transportant des braqueurs armés en plein hiver. Il a retardé leur progression jusqu’à l’arrivée des renforts, protégeant ainsi des vies civiles.
L’affaire du sable d’or
La nouvelle «Le Sac d’or» d’Eduard Kondratov et Vladimir Sokolnikov révèle le démantèlement d’un important réseau de trafic de devises. Le capitaine Viktor Katenev, de l’OBKhSS, interroge la spéculatrice Elizaveta Ridenger et découvre une piste concernant ce trafic d’or illégal. Une perquisition du marché conduit les enquêteurs jusqu’au vendeur, Giglu Kiziria. La surveillance de sa voiture les mène au domicile du célèbre prothésiste dentaire Israel Nahbo. Katenev le place sous surveillance permanente, espérant ainsi localiser le fournisseur en gros du précieux métal.
Le frère du prothésiste dentaire, Petr Nakhbo, révèle la cachette de son parent par vengeance personnelle. Lors d’une perquisition, le colonel Anatoly Bulushev découvre un trésor de bijoux dans le piano et une liasse de pièces d’or dans le réfrigérateur. Nakhbo mentionne un mystérieux « pilote ». Le lieutenant-colonel Alexander Zemskov commence ses recherches à l’aéroport de Kurumoch et remonte la piste du chauffeur, Yevgeny Kazhdazh, qui transportait de l’or dissimulé sous l’apparence de sang. Kazhdazhda se rendait fréquemment dans les mines de Magadan et de Yakoutsk pour approvisionner les prothésistes dentaires en matières premières.
Le coursier se révèle être Vassili Chourpine, contrôleur aérien surnommé « Pilote ». Lors d’une perquisition à son domicile de Bereza, le commandant Maksimov découvre l’argent dissimulé dans des bottes d’enfant en feutre. Les complices tentent d’avertir leurs proches à Khabarovsk et Almetyevsk. Boulouchev s’envole pour l’Extrême-Orient, où il arrête la sœur de Chourpine et confisque les pépites d’or. L’inspectrice Tamara Kouzmina persuade Macha, la sœur de seize ans de l’inspectrice, de révéler l’emplacement d’un sac de dix kilos d’or extrait d’une mine, enterré dans leur datcha à Almetyevsk. Le trésor national est restitué au Trésor public et toute la bande est traduite en justice.
Lutter contre la délinquance juvénile et le détournement de fonds
L’essai de Tamara Shvets, « Se dépêcher de faire le bien », est dédié à l’inspecteur de la jeunesse Sergueï Balbashov. Ce dernier cherche un moyen d’entrer en contact avec Igor Fedorov, un fugueur de douze ans qui a commis un vol près du cinéma Vympel. Balbashov considère les adolescents comme victimes de dysfonctionnements familiaux. Cet inspecteur a auparavant travaillé comme tourneur en usine. Il a également appréhendé à lui seul Onishchuk, un dangereux récidiviste. L’inspecteur allie rigueur et tact pédagogique dans ses relations avec les jeunes en difficulté.
Dans son essai « Tandis que la corde se tord… », Nikolaï Kashtanov décrit la découverte d’un détournement de fonds dans un institut médical. Un appel anonyme alerte le lieutenant-colonel Mikhaïlov d’une fraude au sein du service comptable. Le jeune inspecteur Alexeï Levkov saisit des archives destinées à la destruction. La comptable Vera Azyazova a créé un système de paie pour des personnes fictives, détournant ainsi 112 000 roubles. Levkov et l’enquêtrice Svetlana Oulanova interrogent des centaines de témoins et prouvent la culpabilité de la coupable.
L’essai de Galina Vladimirova raconte l’histoire de Nelya Semyonova, chef du service des enquêtes du commissariat du district Lénine. Elle a consacré sa vie à la résolution des crimes, conciliant la rigueur de la loi et la compassion pour les adolescents en difficulté. Elle aide Yuri, qui a commis un vol insensé par manque d’argent pour un film, à retrouver sa voie et sauve la famille de ce professeur agrégé d’un climat de violence conjugale.
Secrets de la forêt et complots révélés
La nouvelle de Boris Sokolov, «Coup de feu dans la forêt», débute par une employée négligente qui laisse un pistolet dans le tiroir de son bureau. Le corps d’un conscrit est retrouvé dans une forêt près de Togliatti. Le commissaire adjoint de police du district, Evgueni Korolkov, et le procureur Nikolaï Koutsenko découvrent une balle logée dans le tronc d’un bouleau. Après avoir interrogé des adolescents qui avaient volé des oranges dans le même bureau, les enquêteurs remontent la piste de Lenya, un élève de seconde. Son ami Sanka a dérobé l’arme, et Lenya a tiré sur un passant au hasard. Korolkov exhorte le jeune homme à se repentir, lui rappelant l’irréparabilité de son acte.
L’essai de Tatiana Korsakova, « Fils invisibles », enquête sur le meurtre de Tamara B., une femme de cinquante ans, à Chapayevsk. Le lieutenant-colonel Ivan Perekrestov et le colonel Alexandre Lipatov retrouvent la trace de l’ancienne belle-fille de la victime, Lioudmila Maksoutova. Cette dernière nourrissait une haine profonde envers sa belle-mère, responsable de leur divorce. Avec l’aide d’Elena, une étudiante de quinze ans, Maksoutova engage Viktor Sarayev, âgé de dix-neuf ans. Sarayev exécute Maksoutova d’un coup de fusil. Le tribunal condamne Sarayev à mort par peloton d’exécution et Maksoutova à quinze ans de prison. Les complices encourent également de lourdes peines.
L’essai d’Alexandre Mikhaïlov, «La troisième voie», est dédié à la mémoire de l’inspecteur de la police routière Viktor Abramkine. En octobre, ce dernier aperçut un bus hors de contrôle, transportant des passagers, dévalant une pente à vive allure sur l’autoroute de Moscou. Abramkine plaça sa voiture de police sur la trajectoire du véhicule, ralentissant ainsi la collision. Tous les passagers survécurent, mais l’inspecteur succomba à ses blessures. Son acte héroïque permit de sauver vingt-cinq vies.
L’essai de Tatiana Voskoboinikova décrit le travail du commandant Valentin Sarychev et du médecin légiste Albert Davydov. Ils coordonnent l’enquête sur une série de vols nocturnes et le meurtre d’une femme âgée rue Lénine. Grâce à des empreintes digitales clairement visibles sur une bouteille de porto, ils identifient rapidement le coupable.
Opération « Signe sur verre »
Le roman policier central d’Eduard Kondratov, « Le Signe sur la Vitrine », met en scène la lutte contre une bande de voleurs de voitures. L’étudiant Vadim Sorokin apporte un paquet d’argent de Rostov à son patron, surnommé « le Patron ». Sorokin est éperdument amoureux de Valentina Nazarova. Après avoir été éconduit, Vadim se rend chez un ami, où les adolescents fêtent l’anniversaire de Lyosha Gusev. Lyosha offre à son ami Vika des bagues bon marché à motifs. Ces bagues deviendront le premier indice d’une affaire criminelle complexe.
La mère de Vika fait un scandale à propos des cadeaux, et un voisin prévient l’officier de police local, Zhiganov. Les inspecteurs Alexander Zuyenkov et Vladimir Bibishev enquêtent sur une série de vols de voitures à Zhiguli. Zuyenkov découvre que les bagues ont été volées dans un kiosque par le récidiviste Pavel Ivakhnov. Lyosha Gusev avoue les avoir achetées à un homme sans doigts près du cinéma Vympel. Les détectives tendent une embuscade à Ivakhnov et l’arrêtent rue Gagarine. Lors de la fouille, une importante quantité de bijoux volés est saisie.
Pendant ce temps, Bibishev recherche le Zhiguli rouge volé du professeur associé Pavlov, rue Michurin. Un témoin a vu une voiture, conduite par un jeune homme aux cheveux longs, quitter la cour ce soir-là. Gennady Dergachev, seize ans, surnommé « Crocodile », est désormais suspecté. Il s’avère que le jeune homme a reçu un virement de trois cents roubles d’un certain « Mikhailov », un nom fictif. Bibishev comprend alors qu’un criminel adulte et expérimenté est derrière ce vol.
Bibishev comprend que le cerveau des vols envoie des récompenses à des adolescents, affranchies au nom de joueurs de l’équipe nationale soviétique de hockey. Misha Zolotavkin reçoit un autre virement de « Kharlamov » à la poste. Au centre touristique de Dubki, Misha avoue à Bibishev qu’une jolie fille nommée Lyalya l’a engagé pour conduire une voiture jusqu’à Poliana Frunze, la garer dans un bosquet et dessiner un signe sur le pare-brise poussiéreux avec son doigt. Le garçon, attiré par l’argent facile, a voulu s’acheter des articles importés à la mode.
Le père de Misha, l’influent docteur Zolotavkin, ramène son fils à la maison et refuse de coopérer avec l’enquête. Bibishev recrute alors Gennady Dergachev pour l’opération. Avec l’accord de ses parents, Gennady conduit Zhiguli, le leurre, jusqu’à Polyana Frunze de nuit, laisse un signal codé, « K », et s’en va. L’embuscade échoue : Karasev, le chauffeur ivre qui devait prévenir le gang, s’endort sur les marches d’une école maternelle. De ce fait, les coursiers ne viennent pas récupérer la voiture abandonnée.
Les détectives retrouvent la trace d’Igor Mangosov, le directeur de l’auto-école. Une comparaison typographique révèle que les menaces proférées contre Lyosha Gusev provenaient du journal de Mangosov. La situation dégénère : Vadim Sorokin agresse Valentina Nazarova lors d’une dispute. Croyant l’avoir tuée, Vadim prend la fuite, paniqué. Le chef comprend que Sorokin risque de dénoncer le gang. Il ordonne à Pavel Kondrashov, alias « Kurok », un récidiviste, d’éliminer le coursier. Kondrashov poignarde Vadim et cache le corps dans le coffre d’un taxi, mais la voiture tombe en panne près de Kurumoch. Kurok abandonne le taxi sur la route.
Mangosov tente de s’enfuir en retirant tout son argent des caisses d’épargne. Il remet un sac de sport contenant neuf mille roubles à Olga Zvenyagina (Lyalya) dans un restaurant de gare. Zuyenkov la surprend en flagrant délit. Lors de son interrogatoire, elle accepte de révéler le lieu de rendez-vous avec le suspect du meurtre. Bibishev et Zuyenkov tendent une embuscade à l’appartement de Zvenyagina et arrêtent Kondrashov-Kurka, venu récupérer l’argent. L’opération visant à appréhender les dangereux bandits se solde par un succès total pour l’enquête criminelle.
L’évolution des forces de l’ordre
Dans la postface, le colonel Youri Salomatin dresse un bilan de l’évolution de la police soviétique. Il souligne que le service moderne exige un haut niveau d’instruction, une grande résilience psychologique et une communication constante avec le public. La prévention du crime devient une priorité absolue, contribuant à la réduction du taux de criminalité dans le pays. Les volontaires d’hier se transforment aujourd’hui en juristes professionnels au service de l’intérêt général.
- Anna Charina #myMoscow
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