"Frozen Wanderers" de Dina Rubina, résumé
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Ce livre est un recueil autobiographique de nouvelles et de romans courts, publié en 2005. Le texte relate les expériences personnelles de l’auteure dans un contexte culturel et géographique en constante évolution, mêlant récits de voyage et réflexions sur l’histoire juive. L’écrivaine y décrit son adaptation à un nouveau pays, ponctuée d’anecdotes du quotidien et de réflexions philosophiques sur la mémoire, le deuil et la continuité des générations.
Messe du dimanche à Tolède
La narratrice et son mari, Boris, parcourent l’Espagne. Ils visitent Barcelone, Séville, Cordoue, Grenade et Madrid. L’héroïne part à la recherche de ses ancêtres, des Juifs séfarades expulsés durant l’Inquisition. Elle est hantée depuis longtemps par un rêve récurrent où elle marche pieds nus sur un pavé strié. À Tolède, le couple découvre une boutique de souvenirs vendant du vin casher. La propriétaire, catholique, lui confie ses origines juives secrètes. Ils visitent ensuite l’atelier d’un artisan nommé Espinosa, qui sculpte une étoile de David. Dans la scène finale, l’héroïne assiste à la messe dans une cathédrale construite sur l’emplacement d’un ancien marché juif et se fait photographier pieds nus devant l’ancienne porte du ghetto, refermant ainsi le récit de son rêve d’antan.
Villa «Consolation»
Les amis arrivent à Sorrente et séjournent dans une villa creusée à flanc de falaise, dominant la mer. La propriété est gérée par une Italienne nommée Maria. L’histoire du lieu se dévoile : un marchand russe a fui la révolution de 1917. Son épouse est décédée en couches à bord d’un navire. Le marchand a engagé une nourrice locale, Lucia, lui a fait construire une villa et a vécu avec elle pendant vingt ans. Cependant, il a légué tout son héritage à son fils unique. Offensée, Lucia s’est pendue, maudissant la lignée féminine de sa famille. Maria, une descendante, a reconstruit la maison abandonnée, espérant conjurer le sort, et attend désormais patiemment les brèves visites de son amant israélien.
Printemps froid en Provence
Un voyage à travers le sud de la France se déroule sous une pluie froide et incessante. Les personnages visitent Nice, Antibes, Vence et Arles. Sur un marché aux puces, la narratrice achète un recueil de lettres de Vincent van Gogh. Le texte de ces lettres s’entremêle au récit, reflétant la solitude de l’artiste, ses accès de folie et son désespoir. Le couple déambule parmi les œuvres de l’artiste et visite l’hôpital psychiatrique de Saint-Rémy où il fut soigné. Quittant la Provence à bord d’un vieux train de banlieue, l’héroïne lit dans un journal trouvé par terre l’histoire du récent assassinat brutal du cinéaste néerlandais Theo van Gogh, descendant du frère de l’artiste, établissant ainsi un lien entre la tragédie du passé et la cruauté de la société moderne.
Violette migratrice
La famille reçoit une somme importante grâce à la vente des tableaux de Boris. La sœur du narrateur, Vera, les persuade d’investir dans un alto rare, fabriqué à la main. Cet instrument a été créé par le maître luthier Shub, d’Almaty, spécialement pour un musicien gigantesque qui mourut plus tard dans les montagnes. Vera émigre en Israël et emporte l’alto avec elle. Les tentatives de vente échouent en raison de ses dimensions inhabituelles. L’alto est ensuite envoyé en Nouvelle-Zélande, puis à Boston, mais sans succès. Finalement, l’instrument retourne en Israël et trône désormais au mur, comme un monument aux échecs commerciaux de la famille.
École de Lumière
Leur voyage aux Pays-Bas, en mars, débute à Amsterdam et se poursuit à La Haye. Au musée Mauritshuis, nos héros admirent les peintures des minorités néerlandaises et la «Vue de Delft» de Jan Vermeer. Ils passent la nuit à Delft, dans une auberge dont les chambres portent le nom d’artistes. Une copie défraîchie du chef-d’œuvre de Vermeer est accrochée au café. On apprend que cette copie a été peinte à la lueur d’une bougie par un jeune artiste juif nommé Samuel. Pendant la guerre, la mère de l’aubergiste actuel l’a caché, ainsi que cinq autres personnes, dans la cave. L’artiste y est mort de maladie, ne laissant derrière lui que ce tableau. L’aubergiste refuse tout honneur, considérant le sauvetage d’autrui comme une vocation.
L’heure du rossignol
Le récit dépeint le quotidien d’une petite ville du désert de Judée. Au petit matin, le silence est rompu par l’appel du muezzin d’un village arabe voisin, le chant des oiseaux et les cris d’un paon. Les khamsins étouffants cèdent la place à des vents desséchants. La vie locale est peuplée de personnages hauts en couleur : des femmes bédouines fouillent les poubelles à la recherche d’objets utilisables, des adolescents arabes balayent les rues et des agents de sécurité contrôlent les sacs à l’entrée des centres commerciaux. Cette routine paisible contraste fortement avec les nouvelles terrifiantes des attentats à Jérusalem. Face à la terreur, la narratrice éprouve colère et impuissance, se réfugiant dans son travail sur ordinateur et tentant de comprendre la fragilité de l’existence humaine.
Fin août
Épuisée par trois années de travail de bureau, l’héroïne souffre d’épuisement physique. Elle se rend à Tel Aviv pour consulter un homéopathe, puis à la pharmacie pour se procurer des médicaments. Le pharmacien, Gabi, dont le visage et les mains sont horriblement défigurés par la guerre au Liban, se montre sincèrement compatissant. Dans un café, autour d’un bol de shawarma, elle entend à la radio parler de l’attentat terroriste contre un bus à Jérusalem. Pour se calmer, la narratrice descend vers la mer Méditerranée. Elle entre dans l’eau, observant les baigneurs, un énorme chien noir et des pêcheurs sur un radeau. Une longue promenade sur la plage et la contemplation du coucher de soleil pourpre lui apportent un répit temporaire.
Notre entreprise chinoise
L’héroïne et Boris tentent de gagner leur vie avec leur minuscule maison d’édition. Ils reçoivent une commande pour mettre à jour un vieux bulletin d’information destiné aux immigrés de Chine – des Juifs russes ayant passé leur jeunesse à Harbin et Shanghai. Les négociations avec les dirigeants de la communauté, Yakov Moiseevich et le dictateur Maurice Lurye, sont au point mort. Les anciens, attachés au passé, refusent de licencier leur rédacteur en chef, Alik, un homme handicapé, fruit d’une longue liaison. Boris, provocateur, cite de la poésie chinoise et provoque des scandales. Finalement, la collaboration échoue, ne laissant derrière elle que le souvenir de vies brisées et d’illusions perdues.
Bus de Jérusalem
De courtes scènes de transports en commun israéliens illustrent les particularités de la communication locale. Le chauffeur de bus est le maître absolu du véhicule. Les passagers chantent, discutent bruyamment, se donnent des conseils et s’engagent même dans des débats animés avec lui. Dans une scène, un passager religieux supplie le chauffeur de conduire plus prudemment sur une route verglacée, ce à quoi le chauffeur répond en russe, évoquant son expérience de conduite de poids lourds dans la taïga sibérienne. Le bus constitue un microcosme de la société israélienne : bruyant, conflictuel, sans distanciation sociale, et pourtant très soudé en un seul organisme social.
Je suis un salaud
L’auteure se remémore sa carrière de colporteuse. Elle se compare à une ofenya, une vendeuse ambulante qui parcourt le monde pour vendre ses propres livres. Les voyages incessants, les remarques monotones du public lui reprochant son langage familier et la nécessité de divertir les auditeurs sont épuisants. Le fils de l’héroïne vend secrètement ses livres dans les bus, en les signant avec d’horribles fautes d’orthographe. Malgré la fatigue et la peur panique d’être en retard à ses représentations, la narratrice découvre de nouvelles intrigues, des détails délicieusement grotesques et chérit les rares moments d’appréciation sincère du public lors de ces voyages.
Sous le signe du carnaval
La vie en Israël est dépeinte à travers le prisme du grotesque. Les tragédies se mêlent à l’absurde. Un ancien dissident, emprisonné dans une prison soviétique pour avoir brûlé un drapeau rouge, le brûle à nouveau à Tel Aviv et est de nouveau incarcéré. Des touristes déambulent dans Jérusalem en costumes extravagants. Des enfants russophones oublient leur langue maternelle et réinterprètent des classiques en leur donnant un sens criminel déformé. Des terroristes islamistes se déguisent pour commettre des meurtres dans des cafés. Une faute de frappe donne lieu à une publicité dans un journal présentant un certain Caïn proposant des services de circoncision, soulignant le surréalisme du quotidien.
« …Ikh bin nervoso ! »
Le couple arrive en Italie. Quelques minutes après leur arrivée à Rome, le sac de Boris, contenant des papiers, de l’argent et des objets religieux, est habilement dérobé. Les Romains réagissent au vol avec enthousiasme et émotion. Le couple poursuit son voyage, admirant l’architecture romaine, la beauté austère de Florence et les mosaïques de Ravenne. Tout au long de leurs pérégrinations, ils communiquent dans un étrange mélange de russe, d’italien et d’anglais. L’Italie les émerveille par son côté théâtral. Boris achète de nouveaux objets de prière dans une synagogue florentine, où il est reçu avec honneur devant la Torah par la congrégation.
«Tu ne peux pas simplement éviter de marcher ici?!»
L’héroïne entreprend un voyage officiel en Russie et en Ukraine avec Klara, la directrice de la bibliothèque russe. Avant leur départ, elles sont soumises à des consignes de sécurité absurdes. À Odessa et à Moscou, la narratrice ressent un profond sentiment d’étrangeté vis-à-vis de sa patrie, constatant la délabrement des bâtiments et l’évolution du langage des habitants. Lors d’une représentation du ballet « Giselle » au théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, elle aperçoit par hasard Ariel Sharon dans sa loge. À Moscou, lors d’une rencontre avec des lecteurs, Sharon fait également son apparition, prononce un court discours et provoque une vive émotion parmi le public juif local.
À vos portes
L’héroïne décroche un poste d’éditrice dans une maison d’édition de Jérusalem. Les propriétaires publient des ouvrages religieux, des brochures et des tabloïds. La guerre du Golfe éclate. Les sirènes hurlent la nuit, les habitants se terrent dans des pièces closes et enfilent des masques à gaz. L’intrigue fait rage au sein de la maison d’édition : le rédacteur en chef, Yasha, tyrannise ses subordonnés, les secrétaires égarent des documents et des auteurs médiocres soumettent des manuscrits insensés. La maison d’édition fait faillite à cause des manœuvres du fondateur. Au milieu du scandale et des sirènes, les investisseurs s’affrontent avec les éditeurs. Sans emploi ni ressources, l’héroïne contemple les collines depuis son balcon et implore Dieu de lui accorder une chance de gagner sa vie.
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