« Sans âme » d’Alexei Alexandrov, résumé
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«Soulless» est un roman de science-fiction d’Alexei Alexandrov, le premier tome de la série «Time of Dead Stars», paru en ligne au plus tard en 2019. Son intrigue tourne autour d’une substitution d’identité : un clone de la série «PX», connu sous le nom de Numéro Soixante-Dix-Sept, reçoit le corps et le nom de Mark Ortiz de Phobos et se retrouve mêlé à une lutte pour le système Gemina, où le pouvoir repose sur l’argent, la marine et la loi du plus fort.
Le réveil de Marc
Après le prologue, l’action se déplace sur la planète Asrai, au sein de la Confédération des Systèmes Indépendants. Jodok Doyle sort d’une capsule de rajeunissement et reprend ses fonctions à la tête de la société Arborvitae. Parallèlement, on découvre le destin d’un clone anonyme, un homme sans passé ni parcours humain ordinaire, longtemps considéré comme un précieux matériau biologique et dressé à obéir. Pour lui, la vie se résumait à la douleur, aux ordres et à l’attente de la prochaine greffe, jusqu’au jour où il est préparé à un rôle bien plus périlleux que tous les précédents.
Le soixante-dix-septième reçoit le nom, l’apparence et le statut de celui qu’il est destiné à devenir : Mark Ortiz de Phobos, héritier du système Gemina. Le véritable Mark a déjà été éliminé, et le clone se voit attribuer un faux visage, une fausse position et le cercle de personnes ayant connu l’ancien propriétaire du corps. Il doit apprendre le langage, les gestes, les relations familiales et les habitudes d’un aristocrate, car la moindre erreur pourrait révéler la substitution avant même que le nouveau baron ait eu l’occasion de s’imposer.
S’éveiller dans le corps de Mark marque la première véritable expérience de la volonté propre pour le héros. Auparavant, il n’était qu’un numéro ; désormais, tous ceux qui l’entourent exigent qu’il devienne un homme, un héritier, le maître de la maison. Ce changement prend immédiatement une dimension politique : Doyle espère utiliser le nouveau Mark comme un instrument commode, lié à la Maison Phobos et à ses responsabilités envers Arborvitae.
Phobie de la maison et dépendance
Arrivé à Gemina, Mark comprend que son héritage arrive à un moment critique. La Maison Phobos est affaiblie, sa position précaire, et nombreux sont ceux qui, autour de lui, sont prêts à tirer profit du malheur d’autrui – des partenaires commerciaux aux aristocrates voisins. Dans l’orbite de Romulus et dans les forteresses du système, la question est sans appel : soit le nouveau baron apprend rapidement à gouverner, soit il sera anéanti, avec son titre.
Dans les premiers chapitres, Mark se comporte comme quelqu’un qui compare constamment la vie des autres à ses propres actions. Il écoute, se souvient, observe les gens et comprend peu à peu que sauver son corps ne lui a pas apporté la liberté. Aider Arborvita et Doyle aura un prix, et dans un tel contexte, le paiement ne se limite que rarement à l’argent.
Son entourage est lui aussi hétéroclite. Christina Finch, apparentée à Jodoc Doyle, a une formation militaire ; Patrick Lane commande un groupe d’opérations spéciales au sein du service de sécurité de la corporation ; et l’amiral chevronné Ansgar Dyson apporte l’expérience d’un stratège qui raisonne en termes de flotte, et non de tribunal. Mark s’entoure peu à peu de personnes compétentes en matière de défense, d’espionnage et de prise de décisions rapides par la force, ce qui transforme radicalement la nature même de la Maison Phobos.
Au premier abord, Mark semble être une figure commode précisément parce qu’il a grandi sans vie affective normale. Il raisonne froidement, se débarrasse facilement des illusions et ne gaspille pas son énergie dans une belle posture si cela entrave son action. Mais cette même caractéristique le conduit à une transformation intérieure : jouant le rôle de quelqu’un d’autre, il commence peu à peu à prendre des décisions pour lui-même, plutôt que pour ceux qui l’ont acheté et façonné.
Pirates, Tortuga et guerre familiale
La Maison Orca, dirigée par Adan Robles de Orca, s’impose comme le principal adversaire extérieur de la Maison Phobos. Ce conflit dépasse rapidement le cadre d’une simple querelle familiale, alimenté par des tentatives d’évincer Mark, de le priver de son pouvoir et de placer Gemina sous contrôle étranger. Pour faire pression sur la Maison Phobos, elle recourt aussi bien à des méthodes directes qu’à la violence mercenaire, en lien avec la piraterie et les zones grises de la galaxie.
Une autre intrigue se déroule à la station Tortuga, dans les Systèmes Neutres, et dans son monde pirate régi par ses propres lois. Barr « Le Bourreau » Hayes et sa bande y jouent un rôle prépondérant, et la guerre entre les maisons nobles se poursuit sordidement, alimentée par ceux qui vivent de raids, de contrebande et de trafic d’énergie. Pour Mark, c’est une leçon importante : ce ne sont pas seulement ses ennemis officiels qui œuvrent contre lui, et ses droits acquis ne suffiront pas à triompher.
Les rencontres avec les pirates et les incursions en territoire pirate occupent une place importante dans le livre, car c’est à ce moment que Mark cesse d’être un simple employé de bureau. Il apprend à tendre des pièges, à exploiter la cupidité d’autrui et à tester la loyauté de ses hommes dans un milieu où les erreurs se paient immédiatement dans le sang. Ces chapitres montrent avec une clarté particulière comment l’ancien numéro soixante-dix-sept maîtrise le langage de la guerre et commence à penser comme le maître de ses propres opérations.
Dans le même temps, les tensions familiales s’exacerbent. Adan Robles considère son neveu comme un obstacle qui aurait dû disparaître, et non revenir au pouvoir. Dès lors, chaque nouvelle fortification de Phobos, chaque succès de Mark et chaque intrigue déjouée transforment le différend successoral en une haine personnelle, ne laissant que peu de place à la diplomatie.
Manœuvres et chute de l’orque
Dans la seconde moitié du livre, la lutte atteint son paroxysme avec des manœuvres d’envergure autour de Romulus et de la forteresse orbitale de la Maison Phobos. D’anciens alliés se révèlent peu fiables, des plans secrets sont dévoilés, et chaque camp tente de prendre l’avantage avant que l’autre n’ait eu le temps de finaliser ses préparatifs. Des titres de chapitres tels que « Araignées en bocal », « Grandes manœuvres » et « La chute de la Maison Orca » rendent parfaitement compte de l’atmosphère de ces épisodes : intérêts entremêlés, méfiance mutuelle et passage de l’intrigue au combat ouvert.
À ce stade, Mark a déjà considérablement évolué depuis son insertion dans le corps d’un autre. Il ne se contente plus de répéter des instructions prédéterminées ; il choisit qui utiliser, qui garder près de lui et qui frapper en premier. Ses paroles et ses décisions sont celles d’un dirigeant, et non d’un héritier de façade, ce qui est particulièrement évident dans les scènes où il s’adresse à ses subordonnés, répartit les risques et prend des mesures radicales avec sang-froid.
La tentative ennemie de s’emparer de la Maison Phobos, qu’elle espérait mener à bien rapidement et sans heurts, est déjouée. La forteresse orbitale, la flotte et les hommes de Mark se révèlent mieux préparés que prévu, et le Baron lui-même empêche l’ennemi de prendre l’avantage. Lors d’un ultime échange entre Mark et Adan Robles, il apparaît clairement que le masque familial a complètement disparu : l’oncle évoque l’erreur fatale de son neveu ressuscité, et Mark interrompt brusquement la conversation, refusant de discuter avec quelqu’un qu’il a déjà rayé de sa vie.
Les derniers chapitres concluent ce récit par l’effondrement de la Maison Orca. La défaite se révèle non pas locale, mais systémique : le plan de l’ennemi s’écroule, son pouvoir est brisé, et l’espoir de voir Marcus destitué disparaît. L’épilogue en orbite autour de Romulus ne décrit plus la naissance d’un nouveau baron, mais l’issue de son premier grand règne : le peuple d’Orca bat en retraite et tente de redresser la situation, tandis que la Maison Phobos conserve son centre de gravité.
À la fin du livre, l’ancien soixante-dix-septième ne fait plus qu’un avec le nom de Mark Ortiz de Phobos. Il se distingue toujours du commun des mortels par sa psyché froide et le souvenir de ses origines, mais il n’est plus une marchandise impuissante, mais un maître qui a survécu à la substitution, résisté aux pressions de l’entreprise, affronté la menace pirate et détruit la maison de l’Orca lors d’une confrontation ouverte. C’est précisément cette transformation qui sous-tend tout le roman : une marchandise sans âme devient un sujet de pouvoir, et le rôle d’un autre devient son propre destin.
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