« La Ville noire » de Boris Akounine, un résumé
Écrit en 2012, ce roman se déroule à la veille de la Première Guerre mondiale. Il s’achève sur une défaite sans précédent et la mort du protagoniste, que l’on croyait invincible, abattu d’une balle dans la tête par son propre allié. Ce livre fait partie de la célèbre série policière « Les Aventures d’Erast Fandorin ». Il s’agit du quatorzième tome de la série, qui poursuit les aventures de ce brillant détective ayant déjà résolu des crimes dans « Azazel », « Le Gambit turc », « La Mort d’Achille » et d’autres romans de la série.
Échec à Yalta
En 1914, Erast Petrovitch Fandorine se trouve à Yalta. Ce détective travaille pour la Commission du patrimoine Anton Tchekhov. Le général Lombadze, maire de Yalta, fait irruption dans son bureau. Ce révolutionnaire bolchevique, connu des services secrets sous le nom d’Ulysse, prépare un attentat contre l’empereur. Lombadze tente d’utiliser l’agent double Athéna pour prendre le terroriste en flagrant délit, mais Ulysse disparaît avec le fusil de précision qu’elle lui a remis.
Fandorine, accompagné du colonel Spiridonov, chef de la police du palais, se met en route. Spiridonov est persuadé que le criminel se cache dans la citronneraie. Erast Petrovitch découvre le piège trop tard. Un tireur d’élite abat Spiridonov d’un tir précis. Ulysse a habilement dupé la police, éliminant sa véritable cible. Fandorine rentre à Moscou, abattu. En discutant avec son fidèle serviteur Masa, Erast Petrovitch analyse les quelques pistes. Ulysse a mentionné une certaine ville noire au téléphone et a organisé une rencontre avec un homme boiteux. Le détective part pour Bakou.
Embuscades et coutumes de Bakou
Le train arrive dans une ville transcaucasienne étouffante. Fandorin est agressé sur le quai. Un inconnu le pousse sous le train en marche, et en contrebas, un tueur manchot armé d’un poignard attend le détective. Erast Petrovich riposte grâce à des techniques d’arts martiaux japonais. Le manchot prend la fuite.
Bakou impressionne par ses contrastes entre richesse fastueuse et misère abjecte, architecture européenne et traditions asiatiques rigoureuses. Une grève des ouvriers du pétrole secoue la ville, et la tension est palpable. Fandorin apprend que sa femme, Klara Lunnaya, tourne un film du célèbre réalisateur Leon Art. Leur relation s’est refroidie depuis longtemps, et le détective évite soigneusement de revoir l’actrice, se plongeant dans un journal philosophique inspiré du « Nikki-do », la discipline spirituelle japonaise.
Pendant un tournage dans la vieille ville, un tireur d’élite manchot tente une nouvelle fois d’assassiner Fandorin. Erast Petrovich et Masa se lancent à sa poursuite, mais ne trouvent qu’un fusil abandonné muni d’une lunette de visée. Pour faire la lumière sur la situation, l’inspecteur se tourne vers le lieutenant-colonel de la gendarmerie, Shubin. Cet officier corpulent et pragmatique connaît bien les bas-fonds de la ville. Shubin leur conseille de se méfier des notables locaux et des groupes politiques radicaux.
Peu après, Fandorin assiste à une réception fastueuse à la datcha de Mesrop Artashesov, un riche industriel du pétrole. Il y rencontre Saadat Validbekova, une femme d’affaires influente et sûre d’elle, qui dirige avec assurance sa propre entreprise pétrolière.
Puits noir
Cette nuit-là, alors qu’il rentre de sa résidence de campagne, la décapotable de Fandorin est la cible de tirs. Masa est grièvement blessé à la poitrine. Les assaillants ligotent Erast Petrovitch et le jettent dans un puits de pétrole abandonné. Sa lente descente dans le liquide visqueux lui promet une mort atroce.
Soudain, un homme imposant vêtu d’un manteau circassien noir apparaît. Il en sort Fandorin. Le sauveur se présente comme Kara-Gasym. C’est un gochi du coin, qui se considère comme le juste défenseur des pauvres. Gasim déclare au détective : « Je vous ai suivi pour vous voler. » Le voleur, indigné par la brutalité de l’exécution, décide d’intervenir.
Ils emmènent le Japonais blessé chez un guérisseur. Gochi et le détective s’allient. Gasim découvre que l’attaque a été orchestrée par l’anarchiste manchot Khatchatour, caché dans une villa à la campagne. Ils mènent un raid nocturne sur la cachette des bandits. Gasim abat Khatchatour, ruinant ainsi le plan de Fandorin qui comptait interroger le chef sur ses liens avec Ulysse, surnommé le Pic à Bakou.
Enlèvement et agression
Pendant ce temps, Saadat Validbekova est confrontée à une véritable catastrophe. Des inconnus enlèvent son jeune fils, Tural, ainsi que son précepteur, Franz Kaunitz. Les bandits exigent un refus catégorique de toute concession aux grévistes. Si Saadat n’obtient pas l’arrêt complet de ses activités, le garçon sera tué. Désespérée, la veuve implore l’aide de Fandorin.
L’inspecteur examine la chambre du précepteur autrichien et reconstitue le déroulement des événements. Parmi les suspects figure le gendarme Shubin, qui souhaite fomenter une grève pour obtenir une promotion. Erast Petrovich, Saadat, Gasim et l’eunuque muet Zafar se rendent au Kater Club, sur la côte, d’où les ravisseurs ont appelé.
Une embuscade les attend. Un violent échange de tirs s’ensuit. Les bandits tentent de s’échapper en hors-bord. Fandorin les poursuit à travers la mer en flammes, parsemée de jets de gaz incandescents jaillissant du fond de la baie. Après une longue course-poursuite, les criminels débarquent et se réfugient dans un passage souterrain secret menant à la villa d’Artashesov.
Le groupe capture les militants. Artashesov avoue avoir orchestré l’enlèvement de l’enfant pour contraindre Validbekova à se solidariser avec les ouvriers révoltés. Tural est rendu à sa mère. Le magnat admet également avoir engagé Khatchatour pour éliminer Fandorin, craignant des représailles suite à la liaison de son neveu Léon avec Klara Lunnaya.
Le véritable marionnettiste
Erast Petrovitch comprend que le magnat ment. Artashesov ne fait que couvrir Choubine. L’inspecteur retrouve le lieutenant-colonel dans un casino d’été. Le gendarme ne le nie pas. Il révèle son plan : paralyser l’empire par une frappe, puis l’écraser d’une main de fer et s’emparer du poste de gouverneur du Caucase. Choubine accepte de lui livrer Dyatl, le coordinateur bolchevique qui a orchestré l’assassinat très médiatisé de Spiridonov.
Ils se rendent dans un campement ouvrier désert. Lors de l’assaut d’une maison, Dyatel fait exploser une grenade et perd ses deux bras. Shubin tente d’abattre Fandorin, blesse Gasim et s’échappe par une fenêtre. Gochi rattrape et tue le gendarme traître. Fandorin déclare le bolchevik désarmé mort.
Impressionnée par l’intelligence du détective, Saadat Validbekova lui offre son cœur et un partenariat commercial. Erast Petrovich décline poliment l’offre. Il tombe alors entre les mains d’agents du consul autrichien Lust, qui projettent de saboter la production pétrolière. L’espion Weissmuller le maîtrise par étranglement. Se dégageant de ses liens, Fandorin tue l’agent d’un coup de pied précis et se libère.
Leon Art informe le détective que toute l’équipe de tournage a été enlevée par des montagnards. Fandorin découvre qu’Artashesov a simplement caché les cinéastes dans la vieille forteresse pour séparer son neveu de Klara.
Le vice-ministre de l’Intérieur, le général Joukovski, arrive à l’hôtel. La guerre gronde en Europe. L’Autriche est prête à accepter un enquêteur russe pour enquêter sur l’assassinat de François-Ferdinand à Sarajevo, et l’empereur François-Joseph a choisi Fandorine.
Mais avant de partir, Gasim apporte une nouvelle stupéfiante : Woodpecker a été aperçu vivant dans une station-service de kérosène appartenant au gouvernement.
Le final
Fandorin dévoile le plan monstrueux de la résistance. Woodpecker a mis en scène la mort d’un détourneur de fonds, lui coupant les mains pour éviter son identification. Le véritable objectif des bolcheviks est de détruire la station de pompage et l’oléoduc. Sans kérosène, le pays sombrera dans les ténèbres primordiales, déclenchant inévitablement la révolution.
Erast Petrovich infiltre la station lourdement gardée. Il surprend des saboteurs en train de poser une puissante bombe à retardement. L’un d’eux se révèle être un véritable bandit manchot surnommé « Crabe ». Au cours d’un bref combat au corps à corps, le détective abat Crabe avec un pistolet miniature. Woodpecker prend la fuite. Fandorin désamorce la bombe dix secondes avant l’explosion mortelle.
Le détective poursuit Woodpecker dans les rues sombres de Black City. Le malfaiteur l’attire dans un piège, mais Fandorin l’aveugle avec un pantalon imbibé d’huile et enflammé, le forçant à déposer les armes. Le révolutionnaire est arrêté et remis au poste de police.
Erast Petrovitch rend visite à Masa à l’hôpital, lui fait ses adieux et se prépare à partir immédiatement pour Vienne. Il retourne dans la maison sombre où un violent coup à la tête le laisse inconscient. À son réveil, étroitement ligoté, Fandorine aperçoit Pic-vert et Gasim.
Gochi fait une terrible confession. Il a longtemps été un disciple dévoué de Woodpecker, avec qui il partageait une cellule. Gasim a habilement manipulé Fandorin, l’utilisant pour éliminer les anarchistes récalcitrants et assurer une couverture fiable à son mentor. Woodpecker exige que Fandorin jure de quitter la Russie à jamais et de ne jamais interférer avec la révolution. Erast Petrovitch refuse catégoriquement. Gasim déclare au détective : «Je suis un homme d’honneur!» Gochi obéit à l’ordre de Woodpecker et abat Fandorin d’une balle dans la tête. Le livre s’achève sur un conte de fées terrifiant, qui résonne inexorablement dans la conscience déclinante du protagoniste.
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