Résumé de « La Chute d’un empire » de Roman Zlotnikov
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Un roman de science-fiction publié en 2022 raconte l’histoire d’un homme adulte du XXIe siècle transporté dans le corps d’un jeune écolier soviétique. Ce livre relate le passage à l’âge adulte du protagoniste et son adaptation aux réalités de l’URSS en déclin. Il utilise ses connaissances historiques pour survivre et construire un avenir pour sa famille face à l’effondrement imminent de l’État soviétique. Le personnage se refuse délibérément à toute tentative de sauvetage global de l’État en ruine, préférant se concentrer sur les changements locaux et le bien-être financier de sa famille.
Ce livre est le deuxième de la série littéraire « Le Passé Présent ». La série comprend également « Le Passé Présent : Bonjour à nouveau ! », « Il était une fois en Amérique » et « À chacun selon ses actes ».
Vie étudiante et or olympique
À la fin des années 1970, après avoir obtenu une médaille d’or à l’école, Roman Markov s’installe à Leningrad. Il loue un appartement prestigieux rue Babouchkina pour lui et sa fiancée, Alenka, meublé de mobilier finlandais importé et de vaisselle française de grande valeur. Le jeune homme intègre avec succès la faculté des langues étrangères de l’université d’État de Leningrad. Ses publications littéraires, son statut de jeune écrivain et une médaille d’argent aux Spartakiades des peuples de l’URSS lui assurent la loyauté de la direction du parti.
Les responsables du comité sportif décident d’exploiter le talent de l’étudiant à des fins politiques. Pour désamorcer les rumeurs de boycott des prochains Jeux olympiques de Moscou, Markov est envoyé en France pour un marathon international. Sur la piste parisienne, le chien d’Isabelle Jorillard, une aristocrate locale, lui rentre dans les pieds. Grièvement blessé au genou, le coureur boite jusqu’à la ligne d’arrivée, criant furieusement aux caméras : «Les Russes n’abandonnent jamais!» Cette phrase fait instantanément du jeune homme une idole pour les Français sentimentaux. Isabelle devient une amie proche de la famille Markov et fournit à Alenka des vêtements européens rares, confectionnés par son grand-père, le célèbre couturier Pierre Nordin.
Durant l’été 1980, Roman se qualifia pour les Jeux olympiques de Moscou. Il remplaça un athlète forfait pour cause d’appendicite. Malgré les prédictions sceptiques de ses entraîneurs, Markov entra dans une sorte de transe et remporta le marathon de façon sensationnelle. Fort de sa médaille d’or olympique, l’étudiant fit face à une attention médiatique accrue, mais s’efforça de rester à l’écart de la politique. Des éditeurs étrangers achetèrent avec empressement les droits de ses écrits.
Guerre en Afghanistan
Au printemps 1981, Markov fut appelé sous les drapeaux. Son statut de champion et d’écrivain populaire n’empêcha pas le parachutiste d’être envoyé en Afghanistan. Après un entraînement exténuant sous la chaleur de Termez, sous la férule du sévère sergent Koval, le jeune homme fut affecté à Hérat. Il servit comme conducteur de bulldozer dans une section du génie, participant régulièrement au déblaiement d’avalanches et à l’approvisionnement en eau des points de contrôle isolés.
En décembre, une colonne de troupes soviétiques tombe dans une embuscade près du col de Rabati Mirza. Les moudjahidines ouvrent le feu croisé avec des mitrailleuses lourdes chinoises. Markov dissimule son tracteur derrière un rocher, protégeant ainsi son commandant et ses camarades derrière la lame d’un bulldozer. Le sergent se glisse ensuite dans le véhicule de combat aéroporté immobilisé. Les mains tremblantes, le jeune homme charge la mitrailleuse de grenades à fragmentation et tire à l’aveugle sur les positions des militants. Une balle perdue tue une équipe de mitrailleurs, dont Turan Ismail, l’un des chefs les plus respectés de la rébellion afghane.
Markov souffrit d’une commotion cérébrale et de blessures par éclats d’obus. À l’hôpital militaire de Tachkent, le sergent reçut la visite personnelle de Vassili Margelov, commandant en chef des troupes aéroportées. Peu après, pour son héroïsme, Roman fut décoré de l’Ordre de Lénine et de l’Étoile d’or. La cérémonie de remise des décorations au Kremlin fut présidée par le chef d’état-major des armées, Nikolaï Ogarkov. Interrogé par le maréchal, le sergent déclara ouvertement que la campagne d’Afghanistan se transformerait pour l’Union soviétique en une expérience comparable à celle du Vietnam. L’élite militaire et du parti fut choquée par une telle insolence.
La vie en Estonie et les premiers millions
De retour à la vie civile, Roman et Alenka se marient en grande pompe. Les festivités sont animées par des légendes du rock de Leningrad, avec lesquelles Markov s’était lié d’amitié : Boris Grebenshchikov, Viktor Tsoi et Sergei Kuryokhin. Le couple s’offre une voiture de sport tchécoslovaque, une Škoda Rapid, et parcourt le pays. Ils ont une fille. Roman est muté au ministère de la Marine et travaille comme traducteur pour la Compagnie maritime estonienne.
La famille déménage à Tallinn. Le héros obtient un passeport de marin et se rend régulièrement à Helsinki. En Finlande, Markov échange secrètement des roubles soviétiques contre des dollars, se préparant ainsi à la crise économique. Bientôt, le directeur de la compagnie maritime avertit Roman que le KGB local surveille de près ses fréquentes promenades dans les rues commerçantes finlandaises. Au même moment, le nationalisme exacerbé se propage en Estonie. Des habitants radicaux commencent à insulter les citoyens russophones. Les Markov quittent précipitamment les pays baltes et s’installent en Trans-Yauza.
À Moscou, Roman, associé à Aykhan Vagifov, ancien fonctionnaire, fonde une maison d’édition coopérative intitulée «Science-fiction moderne, aventures et romans policiers». Ils publient des romans de science-fiction en grand nombre et versent aux auteurs des droits d’auteur substantiels. L’entreprise génère des profits colossaux. Markov devient un véritable millionnaire soviétique. Il achète un immense appartement de cinq pièces dans un immeuble de style stalinien du quai Kotelnicheskaya à une famille qui émigre en Israël.
L’affaire est entourée d’une bataille juridique acharnée. Le ministère de l’Industrie aéronautique tente de saisir le luxueux appartement, accusant Roman de fraude. D’anciennes connaissances issues de l’élite politique interviennent pour atténuer considérablement les pressions administratives. Markov engage un designer français de renom pour rénover l’appartement. Les honoraires du designer sont réglés depuis un compte bancaire en France, alimenté par les royalties de la poignée de valise rétractable conçue par Roman. Alenka, inspirée par ses amis français, se lance dans la photographie et publie ses clichés dans de prestigieux magazines européens. Le couple accueille bientôt un deuxième enfant, un garçon.
Grande politique et prédictions
Les révélations de Roman dans la salle Saint-Georges du Kremlin portent leurs fruits de manière inattendue. Evgueni Primakov et le maréchal Ogarkov approchent le prometteur millionnaire. Les hommes politiques demandent à l’écrivain de leur exposer sa vision de la situation géopolitique. Markov rédige des rapports analytiques détaillés. L’auteur prédit une succession de souverainetés, la sécession des États baltes, l’éclatement sanglant de la Yougoslavie et la réunification de l’Allemagne. Il conseille aux hommes d’État d’exiger des Allemands la construction de bases militaires modernes à grande échelle sur le territoire russe en échange du retrait de leurs troupes.
Les commissaires apprécient grandement l’analyse originale de l’invité. Grâce à leur soutien tacite, Roman remporte l’élection et devient député du peuple de la RSFSR. Durant la campagne électorale, il fait du porte-à-porte, écoute les doléances des grands-mères devant leurs immeubles et participe à la réparation des égouts pluviaux de la ville. Son statut de député lui permet d’acheter des devises étrangères au bureau de change national et d’obtenir un passeport diplomatique.
Markov se rend aux États-Unis pour affaires, où il rencontre Stephen King. Après de longues négociations, l’auteur américain accepte de lui vendre les droits d’édition de dix de ses romans pour mille dollars chacun. Roman tisse des liens avec des auteurs occidentaux, élargissant ainsi le rayonnement de sa maison d’édition moscovite. Parallèlement, le député boude la plupart des réunions des commissions parlementaires compétentes, estimant que l’activité frénétique de ses collègues nuit au système éducatif.
L’effondrement de l’État
Fin 1991, l’économie soviétique était en plein effondrement. L’inflation érodait rapidement la valeur des économies accumulées par les citoyens. Les rayons des supermarchés étaient vides. Markov, se souvenant des douloureuses années précédentes, commença à faire des réserves de farine, de viande en conserve, de sucre et d’essence. Le député entreposa ses provisions en toute sécurité dans la maison en bois de son grand-père, dans son village natal près de Moscou. Il tenta de raisonner ses aînés, les exhortant à dépenser sans tarder leurs maigres roubles pour acquérir des biens matériels, mais la génération précédente restait obstinément persuadée d’une future aide gouvernementale.
Le 8 décembre 1991, jour de la signature des accords de Belovezh à Viskuli, Roman réunit neuf de ses amis les plus proches. L’écrivain annonça une hausse imminente des prix. Il les exhorta à dépenser immédiatement toutes leurs économies et leur proposa des prêts sans intérêt, tirés de sa propre fortune. Ses amis acceptèrent avec joie, faisant confiance à l’honnêteté exceptionnelle de leur camarade. Le désir de voir se résorber une période de stabilité pousse Markov à reconsidérer ses années d’inaction politique.
Le 12 décembre, Boris Eltsine s’adresse triomphalement au Soviet suprême. Markov, rongé par une haine profonde envers ceux qui ont initié la destruction du pays, achète un bouquet de trente roses blanches aux épines acérées. Le député monte rapidement sur l’estrade de la Maison-Blanche. Arrivé au podium, Roman jette le bouquet au visage d’Eltsine, lui infligeant de profondes griffures. Dans la foulée, l’écrivain assène une gifle retentissante au président, le faisant tomber sous les yeux de Rutskoï, Khasboulatov et Bourbulis. Markov s’avance calmement vers le micro et se lance dans un discours furieux contre les traîtres au pouvoir qui condamnent des millions de personnes à la misère et au dénuement. L’œuvre boucle la boucle, se concluant par les mêmes mots qui ouvraient son prologue.
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