Résumé du roman « Le Char de diamant » de Boris Akounine
«Le Char de diamant» est un roman de Boris Akounine (de son vrai nom Grigori Chalvovitch Tchkhartichvili, en géorgien : გრიგოლ შალვას ძე ჩხარტიშვილი), publié en 2003. Cet ouvrage s’inscrit dans la série des aventures du détective Erast Fandorine. Il se compose de deux volumes quasi indépendants. Le premier se déroule en Russie au printemps 1905. Le second transporte le lecteur au Japon en 1878, où un jeune conseiller, dont le titre est tiré du roman, fait ses premiers pas dans la diplomatie.
Chronologie de l’intrigue
Cette série regroupe les œuvres « Azazel », « Le Gambit turc », « Léviathan », et d’autres. « Le Char de diamant » est le dixième tome de la série. Ce texte sert de préquelle aux ouvrages précédents. Le lecteur découvre les circonstances de l’apparition du serviteur Masa (de son vrai nom Masahiro Shibata, en japonais : 柴田 昌弘). L’auteur révèle l’origine secrète des compétences en arts martiaux orientaux de Fandorin. Il définit le genre comme un « roman policier ethnographique ». Le texte regorge de détails sur la vie quotidienne durant l’ère Meiji.
Boris Akounine a adopté une approche originale pour la composition du premier volume. La structure du texte imite celle du haïku japonais. Chaque chapitre est divisé en fragments, dont le nombre correspond précisément aux syllabes de la forme poétique classique : cinq, sept, puis cinq. Ce procédé littéraire impose un rythme rigoureux au récit. Le personnage de l’antagoniste fait écho à la littérature russe classique. L’auteur a emprunté le personnage du capitaine Rybnikov à une nouvelle d’Alexandre Kouprine.
À la recherche de l’acrobate
Les événements du volume « Le Piège à libellules » se déroulent au printemps 1905. La guerre russo-japonaise fait rage et la flotte russe subit une catastrophe à Tsushima. Le capitaine Rybnikov vit à Saint-Pétersbourg. Officier aux pommettes saillantes, à la langue nouée et à la démarche boiteuse prononcée, il parcourt quotidiennement les bureaux, à la recherche de renseignements insignifiants. Derrière l’apparence naïve d’un pétitionnaire se cache un agent japonais chevronné. Ce dernier reçoit un message de son père lui ordonnant d’attaquer la voie ferrée. Rybnikov tue l’inspecteur de police Maksimenko d’un simple contact physique – une technique de ninjutsu mortelle.
Dans le train, Rybnikov rencontre Glikeria Romanovna Lidina. La mondaine a fui le chanteur d’opéra Astralov. Durant le voyage, l’espion dépose une charge de quatre kilos de mélinite dans les toilettes du train. Les explosifs détruisent le pont Tezoimenitsky, juste au-dessus d’un train de troupes. L’artillerie lourde est endommagée et des soldats sont tués. Erast Fandorin est chargé de l’enquête. Le détective travaille comme consultant indépendant pour la gendarmerie ferroviaire. Son statut d’indépendant lui confère des pouvoirs spéciaux.
Une enquête parallèle est menée par Evstraty Pavlovitch Mylnikov. Le chef du service de surveillance souffre d’insomnie. Un gendarme expérimenté surnomme l’insaisissable saboteur « Acrobate » en raison de son agilité physique étonnante. Mylnikov découvre une piste rue Nadezhdinskaya, où des personnes ayant été en contact avec des agents japonais meurent dans des circonstances étranges. Fandorin organise une embuscade à la gare de Moscou-Tovarnaya. Un ingénieur attend la livraison d’une cargaison de mélinite pour une insurrection armée. Une fusillade éclate dans le wagon postal. Erast Petrovitch abat un terroriste. Le véritable cerveau des explosions parvient à s’échapper.
L’enquête établit la culpabilité inconsciente de Glikerya Lidina. Elle a servi, à son insu, de couverture à Acrobat. Son témoignage initial a induit la police en erreur. Fandorin se rend à l’appartement de la rue Ostozhenka. L’étude des relevés téléphoniques conduit l’inspecteur à la pension moscovite « Saint-Saëns ». L’établissement appartient à la comtesse Bovada, alias Anfisa Minkina. Le capitaine Lisitsky met les lignes téléphoniques sur écoute. Les écoutes révèlent un vaste réseau de planques.
Mylnikov entreprend une opération risquée pour capturer une résidence japonaise. L’opération se solde par un échec. Le chef perd trois détectives expérimentés dans un appartement vide. Sous le choc, l’un d’eux rampe sur le sol en criant « Banzai ! ». À la fin du premier volume, Fandorin analyse le déraillement du train. Il découvre l’identité du coursier transportant la mélinite. Erast Petrovitch avait aperçu cet homme près du pont effondré. Le saboteur portait l’uniforme d’un capitaine d’état-major d’infanterie.
Événements à Yokohama
Le roman «Entre les lignes» situe l’action trente ans plus tôt. Le lecteur découvre le port japonais de Yokohama en 1878. Erast Fandorin accepte le poste de vice-consul de Russie. La mission diplomatique est dirigée par le colérique mais perspicace Vsevolod Vitalyevich Doronin. Son assistant est le commis Sirota, un homme d’origine européenne et japonaise. Fandorin étudie la culture étrangère. Le diplomate maîtrise la langue et est frappé par l’exceptionnelle politesse des paysans. Parallèlement, il découvre la face sombre de la vie portuaire. Il visite le repaire criminel «Rakuen» («Jardin d’Éden»), où prospèrent le trafic d’opium et les parties de dés clandestines.
La première enquête concerne la mort du capitaine Blagolepov, aujourd’hui à la retraite. Sa fille, Sofya Diogenovna, réclame le remboursement d’une dette. Semushi, le tenancier d’un bordel, retient de l’argent. Erast Petrovitch se retrouve mêlé aux sombres réseaux criminels japonais. Le consul est témoin des techniques mortelles d’un clan de guerriers furtifs : les shinobi. Les héritiers de la tradition ninja maîtrisent des techniques de combat uniques. Le vieux maître, Momochi Tamba, devient le mentor du fonctionnaire russe. Il lui enseigne l’entraînement physique et la philosophie orientale. Le concept du char de diamant explique le chemin spirituel vers l’illumination par le dépassement de la souffrance. Ce concept bouleverse la vision du monde du héros.
C’est à Yokohama que le diplomate sauve la vie du yakuza Masa. L’ancien gangster devient alors le garde du corps dévoué du détective. L’intrigue principale de ce volume repose sur la liaison d’Erast Petrovich avec la belle O-Yumi. Celle-ci entretient une relation avec l’homme d’affaires britannique Bullcocks, farouche opposant politique à la Russie en Extrême-Orient. Une société secrète de ninjas contrôle étroitement les activités d’O-Yumi.
Connexion des chronologies
L’histoire d’amour se déroule sur fond de partage des concessions japonaises. L’empire insulaire ouvre ses ports, provoquant un conflit entre missions diplomatiques. La mission russe se retrouve face à des agents britanniques. L’ordre ninja manipule les Européens à son profit. Le dénouement du livre entrelace étroitement les deux chronologies. En 1905, Fandorin coince Acrobat. L’ingénieur découvre la véritable identité du saboteur. L’espion est né d’une liaison de longue date avec O-Yumi. Le clan shinobi a spécifiquement élevé le garçon pour détruire les communications russes.
Une rencontre avec l’ennemi tourne au drame. Le capitaine se suicide. L’agent reste fidèle au code ninja strict. Erast Petrovich lit la lettre de suicide de son fils.
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