Un résumé de "Basho la grenouille" de Boris Akunin
Ce livre interactif, paru en 2023, offre aux lecteurs la possibilité de choisir le cours de leur enquête. Chaque choix oriente l’intrigue vers l’une des nombreuses fins possibles. Cet ouvrage fait partie de la série Erast Fandorin et enrichit l’univers du célèbre détective de nouveaux rebondissements.
Boris Akounine prête sa voix à deux de ses ancêtres : le Géorgien Lado Tchkhartichvili et le Juif Aron Brazinsky. Le lecteur est libre de suivre l’un ou l’autre narrateur. Les deux personnages relatent une enquête policière absolument identique. Les événements se déroulent dans des contextes culturels, géographiques et sociaux différents. La méthode d’investigation d’Erast Petrovitch s’inspire de la poésie japonaise. Différentes versions du dernier vers du haïku du grand poète Bashô, consacré à la grenouille, orientent les conclusions logiques du détective.
La branche géorgienne du récit
Lado Chkhartishvili, ancien prêtre et maître de cérémonie renommé, apprend le meurtre brutal du riche prince Luarsab Guriani. Le corps de l’aristocrate malfaisant est retrouvé dans sa serre fermée à clé, cloué au sol par l’antique dague de Mamuka le Grand. Le policier local est en conflit ouvert avec la famille du défunt. Ivan Stepanovich, intendant russe du domaine, demande à Lado de trouver d’urgence un détective privé.
Lado rencontre par hasard Erast Fandorin au bureau de télégraphe de Batoumi. Le célèbre détective est bloqué au port en raison du mauvais temps, alors qu’il se rend à Sinop, en Turquie. Fandorin accepte d’examiner secrètement le lieu du décès du prince.
Quatre habitants d’un vaste domaine deviennent suspects. Leila, la femme de la victime, méprisait ouvertement son mari, mais un testament astucieux stipule qu’elle perdra sa fortune s’il est assassiné. Son fils, Kote, se prend pour un grand sculpteur et hérite officiellement de tous les biens. Natella, la fille de quinze ans, handicapée, rêve de partir en Amérique et d’y construire des gratte-ciel. Le quatrième occupant de la maison est le discret intendant, Ivan Stepanovich.
Un détective mène une enquête inspirée de la pièce japonaise « La Tête de Dembei ». Il révèle soudainement le corps mutilé de Luarsab aux membres de la famille. Kote s’évanouit, tandis que les femmes restent impassibles. Aucun coupable ne peut être immédiatement identifié. L’enquêteur suggère à Lado de choisir la moitié du manoir pour une inspection approfondie.
Évolutions du côté bleu
Les détectives fouillent la partie de la maison réservée aux hommes et découvrent d’immenses empreintes de pas devant la fenêtre. Lado se souvient aussitôt du mystérieux abrek Kakha Kobuleteli. Kote s’exclame : « Je les ai vus tous les deux, elle et l’abrek ! » Leila avoue son amour de longue date pour le bandit. Kakha était venu la supplier de s’enfuir avec lui. Fandorin tend une embuscade et paralyse facilement l’énorme Kobuleteli d’un coup porté aux nerfs. L’interrogatoire du géant prouve son innocence.
L’enquête est dans une impasse. Fandorin recourt alors à une méthode de provocation médico-légale, symbolisée par la fin d’un poème japonais évoquant les ondulations à la surface de l’eau. L’inspecteur demande à Lado de choisir entre la froideur et la générosité.
La logique pousse l’inspecteur à dénoncer haut et fort la falsification des preuves à la porte. Kote, pris de panique, s’enferme dans l’atelier et avale du cyanure au son d’une marche funèbre. L’inspecteur prouve méthodiquement la culpabilité d’Ivan Stepanovitch. Le gérant avait depuis longtemps dilapidé le capital familial. Il avait empoisonné le propriétaire à l’opium pour dissimuler les vols, puis éliminé l’héritier.
Le chemin du cœur mène à des destins différents. Kote se forge un alibi en béton grâce à ses prières nocturnes à l’église. Fandorin découvre un faux testament léguant les terres du diocèse. Le jeune prince se repent sincèrement de son terrible péché. Son père est mort d’une attaque cérébrale. Kote l’a poignardé dans son corps sans vie pour priver sa belle-mère, qu’il détestait, de son héritage.
Enquête du côté rose
Les détectives fouillent la partie de la maison réservée aux femmes en rose. Fandorin médite en silence. Lado découvre une chaîne en argent brisée près du corps. Cet indice conduit les compagnons au cuisinier, Darejan. La femme nie catégoriquement sa culpabilité et assomme Lado d’un violent coup. Fandorin en déduit logiquement qu’il a été dupé. La chaîne a été délibérément placée là par Leyla ou Natella lors de l’examen du corps.
Une fois de plus, le choix se pose entre la logique implacable et l’intuition. Cette étape de l’enquête est symbolisée par un poème japonais évoquant une vipère bondissante. Choisir la logique permet de révéler des entailles récentes sur la poignée en os du poignard. Soudain, un coup de feu retentit. Kote gît mort, revolver à la main. Fandorin incrimine Netanya, qui boite, grâce à l’odeur d’huile de pistolet sur ses doigts fins. La jeune fille a frappé son père endormi avec un lourd poignard à l’aide d’un marteau trouvé dans le jardin. Puis, elle a fabriqué de fausses preuves et a froidement abattu son frère pour s’emparer de la fortune.
Le chemin intuitif est associé à une illusion d’eau. Le détective décide d’accuser faussement le directeur. Leila endosse immédiatement la responsabilité. Fandorin déduit le mobile caché d’une écharpe de laine tricotée de travers. La fière princesse a tué son époux despotique pour sauver son bien-aimé de la colère mortelle de Luarsab.
La branche juive du récit
La seconde intrigue se déroule à Brest-Litovsk. Le sage local Aron Brazinsky enquête sur la mort du marchand de tissus Liber Goralik. Ce riche commerçant a été retrouvé mort dans sa boutique. Son corps était transpercé par une baguette de bois de 71 centimètres de long. Le meurtre a eu lieu un jour de Shabbat.
Aron retrouve Erast Fandorin au luxueux hôtel European Hotel. Le détective attend la fin des réparations d’un pont ferroviaire sur la route de Berlin. Il accepte de l’aider et se fait passer pour le docteur Watson.
Le groupe de suspects fait écho à l’histoire géorgienne. L’épouse querelleuse, Leah Goralik, perdra de l’argent selon les termes de son testament si son mari est tué. Son fils, Kalman, rêve de partir pour Paris avec ses sculptures d’avant-garde. Sa fille, Netanya, rêve d’usines américaines. Le commis principal, Hanan Stefanovich, tient toute la comptabilité avec une rigueur irréprochable.
Les détectives procèdent à un test psychologique inspiré de la pièce de Bunraku « L’Esprit de Toraemon ». On montre à la famille un corps mutilé. Kalman s’évanouit, tandis que les autres restent impassibles. Aron propose une piste pour l’enquête, illustrant leurs choix par des paraboles juives traditionnelles.
Piste d’enquête masculine
Les détectives découvrent des traces de petites bottes vernies dans la cour. Ces empreintes appartiennent à Koka Kobilyansky, surnommé « Bretzel », un voleur de vitres. Leia avoue à Koka son amour de jeunesse, né il y a longtemps. Le malfaiteur s’introduit furtivement dans la chambre de Leia par une étroite fenêtre. Fandorin le neutralise instantanément d’un coup précis. Un bref interrogatoire confirme l’innocence du voleur d’Odessa dans la mort de Liber.
Après cela, les décisions divergent à nouveau. Une approche rationnelle pousse Khanan à empoisonner l’obèse Kalman au cyanure et à falsifier sa lettre de suicide. Fandorin fait facilement condamner le commis pour détournement de fonds et double meurtre. Le commis tente de poignarder le détective avec une lime aiguisée, mais échoue douloureusement.
Une approche émotionnelle confirme sans équivoque l’alibi de Kalman. Le détective lit à haute voix le faux décret de Lieber transférant une immense fortune à la synagogue. Kalman avoue sincèrement la profanation monstrueuse du cadavre de son père, commise dans le but de ruiner sa belle-mère.
Ligne d’enquête des femmes
Les détectives découvrent une chaîne en argent cassée appartenant à une blanchisseuse du quartier, Kasia Shulman. Cette dernière assomme Aron d’un violent coup de poing. Les preuves ont été délibérément placées là par Leah ou Netanya.
Un raisonnement logique conduit à la découverte d’une règle cabossée et d’un marteau sculptural ensanglanté portant des initiales gravées. Netanya abat Kalman avec le pistolet de son père. La jeune fille met en scène le suicide de son frère. Fandorin démasque la jeune criminelle grâce aux traces d’huile de pistolet sur ses doigts. Elle a éliminé de sang-froid ses rivales pour partir vivre en Amérique.
Un instinct soudain pousse Fandorin à accuser Khanan de détournement de fonds et du meurtre de son maître. Leia avoue aussitôt le massacre de son mari qu’elle haïssait. Cette femme fière a eu recours à des mesures extrêmes pour sauver l’humble commis, pour lequel elle nourrissait depuis des années de profonds sentiments amoureux.
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